Kill Bill 2: Après la pluie (de sang), le beau temps (des discours)
Kill Bill, Volume 1, n'avait pas laissé grand monde indifférent. D'un côté (critiques acerbes incapables de saisir l'ironie de sa violence) et de l'autre (fans poussés à l'orgasme par son déluge de références), on a haï ou loué le film avec une même ferveur aveugle.
En notre ère de films scindés en volets, on a connu le meilleur (Lord of the Rings) et le pire (Matrix). Le pari était donc risqué, tant l'équilibre des avis extrêmes semblait précaire.
Pour cette raison, ou pour un éventuel motif narratif, Quentin Tarantino a complétement renversé la vapeur pour ce second volume. Le ratio dialogue/violence se voit ainsi renversé. Autrement dit, ça bastonne peu et ça cause sec.
Après avoir joué aux artificiers, le réalisateur relègue le style au second plan pour recentrer la caméra sur ses personnages. Une procédure qui fait ressembler le premier film à un générique énergique du film plus posé et adulte que constitue le second.
Certes, les acteurs nagent avec grâce dans leurs rôles, tous impeccables. La trame générale se dévoile lentement, sans grande surprise mais avec une puissance constante. La musique continue à dépoussiérer les classiques oubliés.
Pourtant, il faut bien reconnaître que la surprise se fait plutôt au détriment du Volume 2. En effet, ce dernier est clairement moins fouillé et moins riche que son prédecesseur, en dépit des différents emprunts à Morricone et au reste du cinéma de ces 40 dernières années.
On se surprend donc à considérer le film comme un jouet qui semble plus amuser le réalisateur et les acteurs que le public ... Ou peut-être que Tarantino est-il tout simplement plus intéressant dans ses excès de style que ses essais de maturité.
Au final, Kill Bill risque bien de ne rester qu'à moitié culte, voire, au mieux, aux trois quarts. Ou comment décevoir à cause d'une introduction trop parfaite ...
Note: 4/7