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The Return Of The King: The Return Of The King

— Sébastien Cevey,
2003-12-25

Au vu des deux premiers volets, il serait facile d'oublier la difficulté de l'adaptation au cinéma d'une oeuvre de fiction de cette envergure. Les ratés, certes peu nombreux, ne manquent pourtant pas de briller par leur ineptie : Dune de David Lynch, Total Recall de Paul Verhoeven, Planet of the Apes de Tim Burton, etc. L'apparente facilité et l'extrême perfection des films de Peter Jackson sont bien trompeuses, et qu'on se rassure, l'effort est toujours invisible dans ce troisième volet. Car une fois encore, le film est trop passionnant pour permettre ce recul, et ce n'est que la tension retombée que l'on peut s'adonner au périlleux exercice d'une critique.

Il est impressionnant de constater la fidélité de la retranscription de la progression graduelle du récit : d'un "simple" récit d'aventure (The Fellowship of the Ring), on passe à une menace sérieuse sur les Rohirrim (The Two Towers) avant d'aboutir sur une guerre totale pour la liberté de la Terre du Milieu (The Return of the King). Des tons de l'image à la tension du spectateur, l'évolution narrative est parfaitement reproduite et c'est donc sans grande surprise que ce dernier "tome" achève l'histoire dans un climax émotionnel quasi-ininterrompu. Même un Uruk-haï autiste ne pourrait réfréner ses frissons devant la bataille des champs du Pelennor, le chant de Pippin lors de la charge des cavaliers de Gondor ou le désespoir de Frodo sur les flancs de Mount Doom ...

Bercé par un rythme effréné, The Return of the King constitue avant tout le plus gros orgasme artistique du cinéma de ces dernières années. Sonore, au travers d'une partition de Howard Shore, encore et toujours irréprochable, et d'un travail sur le son absolument impressionnant. Cinématographique, tant sur le plan de la réalisation (invisible dans sa perfection) que des acteurs qui semblent s'être littéralement sacrifiés pour leurs rôles. Visuel, évidemment, avec des plans qui rappellent plus une fresque historique mouvante qu'une toile de cinéma, et des effets spéciaux à la mesure des événements : démentiels.

Les puristes reprocheront comme toujours les quelques écarts au roman, et une fin forcément raccourcie, mais force est de constater que ces remarques relèvent avant tout du pinaillage face à l'incommensurable réussite de la trilogie. L'édition longue (sic) en DVD devrait qui plus est combler un certain nombre de ces lacunes.

Sans exagérer, on peut dores et déjà affirmer que ce chef-d'oeuvre ne représente rien d'autre que la redéfinition du genre épique au cinéma, à l'instar de la révolution que le roman avait infligé à la littérature fictionnel il y a un demi-siècle. Les effets numériques semblent ainsi repousser les limites de l'imaginaire, en permettant la matérialisation Ô combien jouissive de scènes cultes de la littérature fantastique.

Énorme, The Lord of the Rings restera donc dans les annales du cinéma comme une oeuvre culte, la révélation publique de Peter Jackson comme meneur et cinéaste de génie, et la communion symbiotique d'une communauté de fans exigeante avec une équipe de créateurs visionnaires.

Note: 8/7


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